Trame et Liens de Vie

L’ordre de la Trame, c’était la séparation, le fractionnement, couper les Liens de Vie. Son instrument préféré, l’argent. Sa texture, la peur et le mensonge. 

Brume, Virginie Lapierre, (p. 554-555)

Pourquoi notre monde est-il régi par la violence et la domination plutôt que par l’amour et la coopération ? 

Cette question, je me la suis posée toute ma vie, et j’en ai trouvé la réponse en écrivant Brume.

Puis, comme Coline (lisez Brume !), je me suis demandé quel était le lien entre toutes les violences : les guerres, les viols, les féminicides, l’exploitation des gens qui travaillent, la tyrannie politique, le mépris du vivant, les déforestations, etc.

Et j’ai trouvé. 

Ce que j’ai vu m’a fait l’effet d’une trame, d’un enchevêtrement de fils, et c’est ainsi que la Trame est née.

En voici un aperçu.

La Trame désigne le système de pensée dans lequel nous vivons mondialement, au-delà des modes de pensée propres à chaque culture.

La Trame imprègne notre façon de penser, de ressentir, de voir le monde, la vie, nous, les autres. Le monde entier en est englué, y compris les êtres vivants non-humains qui en subissent les conséquences.

La Trame n’est pas le Système dans lequel nous vivons, elle est l’univers mental qui crée le Système à travers nous. Nous en sommes tellement imprégné-e-s que nous l’alimentons, nous la défendons, nous la perpétuons. Nos institutions, qu’elles soient politiques, médicales, juridiques, scolaires, etc…, le système bancaire en sont le produit et l’outil, comme dans tout système fermé qui s’auto-alimente. Notre façon de faire famille, d’éduquer nos enfants, de considérer la nature et la place que nous, humains, occupons au sein de cette nature, en sont aussi une émanation.

Ce mode de pensée remonte à la nuit des temps. Il nous pétrit et nous empêche de penser autrement, d’envisager une autre façon de vivre et d’être au monde. C’est comme être prisonniers-ères de l’intérieur.

Par exemple, partout dans le monde, la Trame nous a pénétré-e-s de l’idée que les hommes sont supérieurs aux femmes. En dehors de peuples rares, comme les peuples premiers, la Trame nous fait croire que, pour avoir le droit de vivre, de se nourrir et d’avoir un toit, il faut travailler en échange d’argent.

La Trame a aussi mis dans notre esprit que l’argent est indispensable, dans le sens où un monde sans argent ne peut pas exister.

Ces modes de pensée sont intégrés à nous comme des évidences.

Mais est-ce vraiment évident ?

Les hommes sont-ils vraiment supérieurs aux femmes ? 

Vivre, manger, avoir un toit sont-ils vraiment une question de mérite ? Nos besoins vitaux, fondamentaux, sont-ils vraiment monnayables ? Dès lors que nous venons au monde, ne sommes-nous pas en droit de rester en vie  ?

Un monde sans argent ne peut-il exister ? A quoi ressemblerait-il ? 

Que pourrions-nous être dans un monde sans Trame, sans argent, sans domination ? 

Il est possible de prendre conscience de la Trame, de la voir, de l’observer, de penser hors-trame, et d’imaginer un autre monde, une autre vie.

Lisez Brume, et vous en saurez plus sur la nature et l’origine de la Trame.